Le Forez - 2

Cet ensemble de photographies sur papier albuminé d'un format 13 x 18 cm environ ont probablement été réalisées à la toute fin des années 1890. C'est un précieux témoignage des monuments du Forez.

Chaque photographie est collée sur un carton bleu.

Les textes sont retranscrits ci-dessous tels qu'écrits, avec l'orthographe de l'époque.

Type : photographie
Année
: c.1895
Support : papier

Table of Contents

Cornillon

Cornillon

Cornillon

CORNILLON. — Ce chateau assis sur l’arrête aigûe d’un énorme rocher dont le pied est baigné par la Loire, était une des places fortes du Forez. — Pendant la ligue il resta fidèle à la royauté. — Les premiers possesseurs connus sont les BEAUDINERS, dont GUILLAUME accorda en 1240 des franchises aux habitants de Cornillon. LUCE de BEAUDINERS épouse de GUILLAUME de POITIERS céda cette baronnie à son fils GUILLAUME, qui mourut sans postérité en 13.., il la laissa à sa sœur BÉATRIX de POITIERS, mariée à J. de CRUSSOL. Ses fils GIRAUD (qui combattit à Bouvines) et GUILLAUME, furent successivement seigneur de Cornillon. Puis B. de LAYRE en 1394, J de LAYRE en 1400, G. de LÉVIS à cause de sa femme SUZANNE de LAYRE en 1550, ANNE de LÉVIS duc de VENTADOUR en 1616, J. de FAY et au marquis de NÉRESTANG (1677).
Depuis ce chateau fut possèdé par les familles de : J. JACQUIER, Grimaud Bénéon baron de RIVERIE, C. PALL ; puis. à M. BAYON dont un fils en est aujourd’hui possesseur.


Couzan

Couzan

Couzan

COUZAN. - Ce chateau féodal un des mieux conservé de notre province, est le plus beau spécimen existant dans le Forez, de l’architecture militaire du moyen âge.

Il est formé de deux parties principales : sa citadelle encore debout, bâtie sur le roc au sommet de la montagne, et sa triple enceinte crénelée et flanquée de tours. Couzan était la première baronnie du Forez. - Les DAMAS, dont on trouve le nom en 1063, en furent les maitres jusqu’en 1423, qu'ALIX de COUZAN porta cette terre à son mari E. de LÉVIS FLORENZAC baron de QUÉLUS. En 1622 Couzan advint, par mariage, à L. de St. PRIEST, dont un neveu GILBERT de CHALUS, le vendit à J. de LUZY PELISSAC. Imbert de LUZY fut le premier marquis de COUZAN. Louis de LUZY épousa mademoiselle de ROCHEMORE d’AIGREMONT dont il eut une fille mariée à. M. de THY de MILLY. Les ruines de Couzan appartiennent encore à cette dernière famille.

Crozet

Crozet

Crozet

CROZET. - Crozet gracieuse villette située sur la limite du Forez et du Bourbonnais, était une chatellenie d'abord propriété des comtes de MACON, puis des comtes du FOREZ au XIII° siècle : puis enfin chatellenie royale dont la justice comprenait les paroisses de Crozet et de Renaison qui avaient été engagées en 1543 au seigneur de St. ANDRÉ et unies depuis au baillage de Roanne. De son beau et fort chateau, à en juger par le dessin de G. REVEL, il ne reste qu’une tour ronde qui domine le pays ; le donjon qui datait du XIII° siècle, a été détruit depuis peu : c'était un immense polygone où l'on ne pénétrait que par les fenêtres à l’aide d’échelles. - Une porte encore debout était la seule entrée de la place, partout on trouve des restes des anciennes murailles. - Crozet a donné le jour à J. PAPON lieutenant général au siège de Forez, mort en 1590.


Crozet

Crozet

Crozet

CROZET. - (Maison de PAPON) Outre les ruines de son chateau Crozet possède encore plusieurs belles maisons de la renaissance. Dans l'une d’elles est né le jurisconsulte PAPON, (1505) c'est la plus belle. De cette famille elle passa à celle de l’amiral de TOURVILLE. - Deux corps de bâtiments réunis à angle droit composaient le logis, dont la façade ornée de briques de couleurs, de croisées sculptées et de médaillons religieux fait encore l’ornement. Deux tourelles de la même époque offrent sur leurs portes d'entrée, des cartouches curieux, avec l'épigraphe : homo homini monstrum, et la date 1535. L’intérieur des appartements a des plafonds délicatement lambrissés, et dans une pièce, on remarque une cheminée dont le manteau est orné de sculptures symboliques assez belles.


Feugerolles

Feugerolles

Feugerolles

FEUGEROLLES. —- Baronnie du Forez placée sur un contre-fort de la chaine du Pilat. — La plus ancienne mention de ce chateau est de 1173, GUICHARD de JAREZ en était seigneur à cette époque.
Cette seigneurie fut acquise par l’illustre famille de LAVIEU au XVe siècle ; Charles de LAVIEU qui n’eut pas d’enfants de sa femme Louise de BRESSOLLES, laissa Feugerolles a sa soeur Marie de LAVIEU mariée à J. de LÉVIS seigneur de Couzan. — En 1567 C. de LÉVIS vendit cette terre à. J. CAMUS notaire et secrétaire du Roi, avec droit de rachat. car il put la revendre à A. de CAPPONI d’origine Florentine, dont les descendants la portèrent par les femmes (1676) à P. H. de CHARPIN, famille provenant de St Symphorien en Lyonnais. — P. H. de CHARPIN, chevalier, comte de SOUZY, seigneur de
la FORÊT-des-HALLES, était fils de BALTHAZARD de CHARPIN et de Louise de VILLARS ; famille du maréchal duc de VILLARS. — Ce chateau appartient toujours à la même famille, représentée par Mr le comte H. de CHARPIN FEUGEROLLES, ancien député de la Loire.


Fontanès

Fontanès

Fontanès

FONTANÈS. — Ce chateau est situé sur un point élevé du chainon, de Riverie, d’où
l’œil embrasse la plaine du Forez, et les montagnes du Pilat. La seigneurie de Fontanès,
en toute justice, fut vendue, en 1513, par le connétable de BOURBUN à CLAUDE LAURENCIN de Lyon. — JEAN de St PRIEST seigneur du dit lieu, en a prêté l’hommage en 1674, et GASPARD CAMUS chevalier en 1717. — Ce dernier vendit en 1736, à J. F. PHILIBERT qui en prit le nom. Sa famille continua la possession. — Le chateau actuel remonte au plus à 150 ans ; il est assez bien conservé ; il a peu d’apparence, cependant la porte du chateau, d’ordre dorique a un certain cachet. — Les appartements conservent de vieux meubles, de vielles tapisseries ; ils sont habités par madame de FONTANÈS née GRAS de la BEAUCHE, ancienne famille des environs de Feurs.


La Batie

La Batie

La Batie

LA BATIE. — La position abrupte, sauvage du chateau d’Urfé, fit que ses seigneurs le délaissèrent pour celui de La Batie situé sur les rives enchantées du Lignon.* Ce fut, vers 1383, qu’ils devinrent par alliance, propriétaires de cette maison forte. Ils se plurent à embellir leur nouvelle demeure. — Ce fut CLAUDE d’URFÉ qui en 1548, fit édifier, par des artistes italiens, sa célèbre chapelle ; dont malheureusement l’intérieure à été en partie vendue en 1874. Cependant les restes méritent encore une visite. La famille d’URRÉ s’est éteinte en la personne de JOSEPH de LASCABIS, petit fils de JACQUES Il, le frère d’HONORE d’URFÉ auteur de l’Astréa, La Batie passa à un de LAROCHEFOUCAUD marquis de LANGEAC dont une des filles mariée au marquis du CHATELET eut un fils qui périt misérablement pendant la révolution. LA BATIE avait été acquise par le marquis de SIMIANE, et revendue en 1778 à M. P.de MUSSIEU ; puis à M le duc de CADORE en 1836. — Aujourd’hui LA BATIE appartient à monsieur VERDOLLIN.


La Bénisson-Dieu

La Bénisson-Dieu

La Bénisson-Dieu

LA BÉNISSONS - DIEU. — Abbaye fondée, en 1138, si non par St. BERNARD, au moins par ALBÉRIC, un de ses plus chers disciples, dans une vallée que féconde la Tessonne. — Les comtes de Forez furent généreux pour cette abbaye, mais au XVI° siècle, l’abus des commandes y porta le relâche dans la discipline; et sa prospérité due aux abbés de LA FIN, périclita. — HENRI IV donna ce bénifice au marquis de NÉRESTANG, qui y introduisit les religieuses de Mégemont en Auvergne, dont sa fille était abbesse. — FRANÇOISE de NÉRESTANG parvint à relever ce monastère elle modifia les constructions ; à l’église elle supprima le chœur et l’abside. — Ce qui a été conservé de ce monument, aujourd’hui église paroissiale, présente un curieux échantillon du style de transition du XII au XIII° siècle époque on le cintre commence à se briser. Il faut remarquer dans cette église : l’autel roman, la chapelle dite de LA FIN et celle de la Vierge ou des NÉRESTANG, les stalles et les peintures. — Cette église passe, à bon droit, pour un des plus curieux monuments du Roannais.


La Bénisson-Dieu

La Bénisson-Dieu

La Bénisson-Dieu

LA BÉNISSONS-DIEU. – (Portail) – L’ouverture principale de l’église de La Bénissons - Dieu représentée ici, est un portail roman à tympan fleuroné et archivolte orné de tores délicats. Il s'ouvre entre deux colonnes annelées, audessous d'une rose, dont les rayons en arcatures cintrées se perdent dans une triple couronne d'un beau style et magnifiquement fouillée. - Au devant de cette porte était autrefois un porche dont on voit encore les attaches. - La grande tour carrée qui existe encore au devant de l’église est de la lin du XV° siècle. Elle est surmontée d'une flèche aigue ; une tourelle à cinq pans contient l’escalier ; c'est l’œuvre de ses abbés PIERRE de LA FIN.


La Chambre

La Chambre

La Chambre

LA CHAMBRE. — Ce chateau bâti primitivement sur l’emplacement d’une villa romaine
(le chateau des Barres) non loin, de la voie dite chemin des soldats de Roanne à Clermont. La Chambre fut le siège d’une importante prévôté qui s’étendait sur la ville voisine de St. Haon-le-Châtel et les paroisses de St. Haon-le-Vieux, St. Riran etc.. possédée d’abord par une branche de la famille des VIEUX de COMMIÈRES et des BARRES, elle aurait été le berceau du pape URBAIN VIII issu plutôt d’une famille de la CHAMBRE comte de SAVIGNY en Savoie, mais rien n’est venu appuyer cette allégation. — Au XV° siècle les COURS, puis les BLANCHET en prirent le nom, et rendirent la justice dans la grand’salle au chateau de la chambre jusqu’en 1688. — Ce manoir fut rebàti au XVI° siècle, il vient d’être restauré de nouveau par son possesseur actuel Mr. Is. de VALENCE de MINARDIÈRE.


La Diana

La Diana

La Diana

LA DIANA. - Cette salle que les comtes de Forez firent construire à Montbrison, servait aux assemblées générales, des Etats de la province. Sa voûte ogivale en bois est divisée en 1666 caissons, ou 48 armoiries répétées 34 fois chacune, la frise qui court à la naissance de la voûte, est semée de 124 autres armoiries, supportées par autant d'animaux hybrides ; la mageure partie de ces armoiries appartiennent à la vraie noblesse du Forez ; quelques unes seulement, à des familles ducales, ou princières de France.

Vendue en 1793, sa façade fut démolie, et l'intérieur mutilé.

En 1862 M. le duc de PERSIGNY fonda la société dite de la Diana. La façade a été reconstruite en 1865, dans le style du XIV° siècle. - (Ce monument renferme une riche collection de livres, manuscrits, et titres relatifs à l’histoire du Forez ; receuillis par la société, la Diana).


La Merlée

La Merlée

La Merlée

LA MERLÉE. — Ce chateau est situé près de oirétable, sur la commune de St. Priest-la-Vêtre.
Les armes des anciens seigneurs de la NIerlée étaient : trois merles de sable avec pieds et becs ; au timbre la teste d’un mâtin : MASTIN était leur surnom. Le sieur MASTIN en prêta l’hommage en 1511.
ANNE d’URFÉ dit que de son temps cette terre était possédée par MARC de BOISY guidon de la compagnie des seigneurs de COUZAN. En 1671, GASPARD du PALAIS en a prêté l’hommage au ROI.
Dame Marguerite du PALAIS de la MERLÉE, veuve de GASPARD comte de LORAS, en a prêté l’hommage en 1761. De 1764 à 1768, ce chateau appartenait à madame la marquise de LORAS, sans justice.
Jusque alors il avait été assez bien conservé. Aujourd’hui il est la propriété de madame PERDRIGEON.


La Mothe

La Mothe

La Mothe

LA MOTHE. – Ce petit castel situé dans la plaine du Roannais, sur les paroisses de Sail-les-Chateau-Morand, remonte au XVI° siècle. – Sand être un château fort il avait autrefois des fossés et un pont levis ; ce qui suffisait pour le mettre à l’abri d’un coup de main. - Ainsi qu'on le voit, il consiste simplement en un bâtiment, carré long, qui présente sur le milieu de sa façade un avant corps en forme de tourelle. Les ouvertures ont des accolades.

Ce chateau a appartenu à Mr. de VALVRAN, puis à Mr. de BUSSIÈRE qui le vendit à Madame DESCHAIJX.


La Pacaudière

La Pacaudière

La Pacaudière

LA PACAUDIÈRE. - Cette petite ville située au nord du département de la Loire, n’a guère qu’une rue que traverse la route nationale de Roanne à Paris. Elle était autrefois une annexe de Crozet, puis de Tourzy. - On trouve à la Pacaudiere plusieurs maisons remarquables qui datent de la renaissance. Celle reproduite ici, est connue dans le pays sous le nom de petit Louvre ; plusieurs monarques y ayant séjourné. Sa porte principale est ornée de colonnes ioniques, dont l’entablement est surmonté d’une coquille qui renferme des armoiries, avec deux anges pour tenants. La tourelle en briques de couleurs variées que l’on voit à une des angles relève bien la façade. – La toiture est intéressante par son élévation qui surpasse celle des autres bâtiments, par ses gracieuses lucarnes, et surtout par sa belle charpente à la fois légère et solide.


La Voute (de Polignac)

La Voute (de Polignac)

La Voute (de Polignac)

LA VOUTE. - Dans le canton de St-Paulien, le château de La Voute-de-Polignac ainsi nommé pour le distinguer d’autres localités du même nom (La Voute-Chilhac, La Voute-sur-Rhône) est pittoresquement assis sur un rocher que contourne la Loire, à l’extrémité de la riante vallée de l’Emblaves. Ce château dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, fut d’abord la propriété des Chalencon, puis des Polignac qui en firent leur maison de plaisance. Une garnison royaliste y fut cependant établie au XVI° siècle. En 1418 Randon-Armand de Polignac le fit fortifier. En 1661 la 11 octobre naquit dans ce château Melchior de Polignac, l’illustre cardinal, habile diplomate, savant académicien, auteur de l’ANTI-LUCRÈCE.


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