Le Forez - 1

Cet ensemble de photographies sur papier albuminé d'un format 13 x 18 cm environ ont probablement été réalisées à la toute fin des années 1890. C'est un précieux témoignage des monuments du Forez.

Chaque photographie est collée sur un carton bleu.

Les textes sont retranscrits ci-dessous tels qu'écrits, avec l'orthographe de l'époque.

Type : photographie
Année
: c.1895
Support : papier

Table of Contents

Ambièrle - L'église

Ambièrle - L'église

Ambièrle - L'église

EGLISE D’AMBIÈRLE – (Amberta) Ambièrle est situé à 3 kil. de la station de St Germain L’Espinasse. – Son église est celle d’une abbaye fondée, dit-on, en 902, par GÉRARD de ROUSSILLON. Possédée par les seigneurs séculiers BERNARD et THEOBERT, qui en avaient été investis par LOUIS l’aveugle, fils de BOZON Roi de BOURGOGNE, cette abbaye fut ensuite remise à St. ODO II, abbé de Cluny, 938. St. HUGUES la réduisit en prieuré. L’église, vaste, à trois nefs, est du gothique du XIV° siècle. Elle possède un beau tryptique dont les remarquables peintures des volets sont attribuées à VAN-EYCK : c'est un don de MICHEL de CHANGY chambellan de PHILIPPE LE BON, duc de Bourgogne, 1466.

La sacristie actuelle était la chapelle des PIERREFITE seigneurs justiciers du pays, on croit qu'elle renferme le tombeau du cardinal de la GRANGE. Cette chapelle est antérieure à l'église.


Arzon

Arzon

Arzon

ARZON. Situé au confluent de l'Arzon et de la Chamalières près de Vorey, ce chateau ne présente plus aujourd'hui que des ruines. Au Xe siècle une famille qui, comme cela était fréquent en Velay n'avait d'autre nom que celui de ce fief, s'y trouvait possessionnée.

En 1060 un abbé du nom d'Arbert vint s'attaquer à la tête d'une colonne armée. En 1211 le roi de France qui en était possesseur en gratifiait l'Evèque du Puy. En 1639 ce dernier aliéna le château d'Arzon et ses dépendances en faveur de Jacques de Pradier seigneur d'Agrain.


Boën - L'église

Boën - L'église

Boën - L'église

EGLISE DE BOEN. - Boën est situé sur la rive gauche du Lignon, au pied des montagnes. Dans le VIII° siècle, Boën fut ravagé par les Sarazins. En 1320 AMÉDÉE seigneur de COUZAN fit ceindre la ville de murailles. LOUIS de St. PRIEST devenu seigneur de Boën par son alliance avec MARGUERITE fille de JACQUES de LÉVIS baron de CUOZAN, vendit cette ville à GILBERT de RIVOIRE seigneur du PALAIS.

En 1687 elle fut expropriée et vendue 72000 livres. Des GILBERT de CAMUS cette seigneurie passa par alliance aux PUNCTIS de la TOUR (Balbigny) et y resta jusqu'en 1793. – L’église de Boën représentée ici date du commencement du XIV° siècle. Ses nefs basses, à cintres obtus, avec de fortes arêtes se détachant de robustes piliers, indiquent cette époque. Le clocher quoique un peu lourd est très beau et méritera d’être conservé dans la reconstruction de cette église.

Le château moderne (1786) que l'on voit à Boën appartient à M. de CHABERT allié avec les PUNTIS.


Boisy

Boisy

Boisy

BOlSY. — A 10 kilomètres de Roanne, sur la commune de Pouilly-les-Nonnains, se trouve le chateau de Boisy. — En 1397, IMBERT et Jean de BOISY, de St. Haôn-le-Chatel ; firent construire la grosse tour carrée qui se voit à gauche. — Moins d’un demi siècle après sa construction, ce chateau avait passé à EUSTACHE de LÉVIS de COUZAN qui le vendit, en 1447, à JACQUES CŒUR argentier de CHARLES VII. Ce dernier, étant tombé en disgrâce, ses biens du Roannais furent confisqués et acquis par GUILLAUME GOUFFIER, 1455. — C’est sur la tour carrée que se voit la devise : A vaillants cœurs rien d’impossible. — G. GOUFFIER eut trois fils : ARTHUR GOUFFIER qui fit construire, en 1499, les corps de logis et les galeries de Boisy, Adrien GOUFFIER (cardinal de Boisy ), Guillaume, amiral BONIVET, qui périt à la bataille de Pavie en 1525. — FRANÇOIS 1er fut reçu au chateau de Boisy en 1523. — Les terres du Roannais passèrent ensuite par alliance à François d’AUBUSSON de la FEUILLADE, maréchal de France ; puis par la même voie à HENRI d’HARCOURT qui les conserva jusqu’à la révolution. — Le possesseur actuel du chateau de Boisy est Mr. le Dr. POYET.


Bourg-Argental - Portail de l'église

Bourg-Argental - Portail de l'église

Bourg-Argental - Portail de l'église

PORTAIL DE L’ÉGLISE DE BOURG-ARGENTAL. – Les seigneurs d’Argental, voulant avoir un séjour plus agréable que celui de leur forteresse d’Argentan, fondèrent, vers le X° siècle, Bourg-Argental, qui ne devint important que lorsque, au XVI° siècle, on y établit le siège d'un des trois baillages, qui avait d'abord été placé à Malleval. Bourg-Argental était une ville forte, mais elle ne conserve de remarquable que le portail de sa vieille église. « Ce portail n'est pas d'une grande hauteur ; mais la bizarerie et la variété de ses ornements, son antiquité, en font un morceau rare et précieux. - Des statues flanquent chaque côté du portail, l’une d'elle représente une femme nue enlacée de deux serpents qui lui dévorent les seins. - Dans le tympan le père éternel ensensé par deux anges, domine une galerie de médaillons. Au dessus David est assis et joue du violon au milieu d’autres musiciens. Un autre cercle de médaillons est formé des douze signes du zodiaque, sculptés à la manière égyptienne. Enfin le tympan et l’archivolte sont d'une richesse, d`une multiplicité de sculptures incroiables, la plus part bien conservés. »


Bouthéon

Bouthéon

Bouthéon

BOUTHÉON - Ce château admirablement situé, au milieu d'un beau parc, sur une haute berge au pied de la quelle coule la Loire. Il fut construit, sur l'emplacement d'un ancien château, par MATHIEU de BOURBON, dit le grand Bâtard, qui avait reçu cette seigneurie, en 1486, de son père JEAN II duc (le BOURBON, le quel l’avait acquise du seigneur de MONTBOISSIER d’AUVERGNE. MATHIEU n’ayant pas contracté mariage, à sa mort en 1504, cette terre fit retour au comtes du FOREZ, qui le vendirent vers le milieu du XVI° siècle, aux GADAGNE d’HOSTUN de Lyon, famille originaire de Florence, dont une fille, CHARLOTTE, porta (1704) BOUTHÉON au comte de PONS son mari ; cette famille le possédait encore, en 1789. Depuis, Mr. FRAISE NÉZIEUX, le baron GRAILLHE et M. Mrs. THIOLIÈRE LASSAGNE en ont été successivement propriétaires. – Les M nouées de MATHIEU et la croix dentelée des GADAGNE se voient en grand nombre, dans diverses parties du chateau.


Chaise-Dieu - Tour Clémentine.

Chaise-Dieu

Chaise-Dieu

CHAISE-DIEU. - (Tour Clémentine) Construite, par l’abbé André de CHANAC vers 1378, cette forteresse d'environ cent pieds de hauteur sur trente de diamètre parait antérieure à l’église et au cloitre. – Les ouvertures en sont fort irrégulières : fenêtres ogivales en bas, croisées carrées plus haut, au sommet machicoulis et créneaux. – Un pont-levis placé à grande hauteur servait à établir, en cas d’attaque, une communication entre le couvent et cette tour, dans l’intérieur de laquelle était : puits, four, provisions de toutes sortes. Les moines et les habitants du bourg s’y retirèrent lorsque BALCONS vint avec sa bande assiéger et piller l’abbaye.


Chaise-Dieu - Eglise

Chaise-Dieu

Chaise-Dieu

CHAISE - DIEU - (Eglise) Commencée en 1343 par le pape CLÉMENT VI, cette église ne fut terminée que longtemps après, à la fin du XV° siècle. Cette basilique longue de 230 pieds sur 75 de large est divisée en trois nefs, nulle ornementation, point de chapiteaux sur les piliers au nombre de 24, des fenêtres étroites à un seul meneau, un escalier large, de 40 marches précédant une façade pauvre de décoration flanquée de deux tours lourdes, massives, non symétriques, découronnées par la révolution, arcs -boutants remplacés par de grands contreforts,... tel sont les caractères qui classent cette église parmis les monuments gothiques tels qu'on les trouve en Velay et en Auvergne. - Ou remarque intérieurement le tombeau de CLÉMENT VI, une danse Macabre, une série de 17 tapisseries d’Arras, et les magnifiques boiseries du buffet d’orgue et du cœur.


Chaloncon

Chaloncon

Chaloncon

CHALENCON. -— Ce manoir un des plus anciens du Velay, se trouve déjà mentionné dans des titres du IX° siècle. Il était situé au fond d’une gorge de la rivière d’Ance près St-Pal. — Il n'en reste plus aujourd'hui que des ruines au milieu desquelles on distingue encore une tour et ce qui fut la chapelle. — C'est le berceau de la puissante famille de Chalencon dont un des membres Guillaume de Chalencon, en 1349 épousa Valpurge de Polignac, l‘unique héritière de cette autre grande famille à condition qu'il en prendrait les armes et le nom. — C'est par cette branche des Chalencon-Polignac que se trouve aujourd’hui représentée la famille Polignac


Chambles

Chambles

Chambles

CHAMBLES. — L’on croit que cette tour faisait partie du prieuré, que BEAUDINER seigneur de Cornillon y fonda au XI° siècle, entre les mains de St. ROBERT premier abbé de la Chaise-Dieu. Sa construction parait remonter au XIV° ou XV° siècle ; elle avait sans doute pour but, de protéger l’Eglise et le prieuré, contre les ravages des troupes Anglaises, qui avaient envahi la province. — C’est vers la même époque que GUILLAUME de BOISVAIR obtint du comte de Forez, LOUIS II, le droit de fortifier un prieuré voisin, celui de Rosier-Côtes-d’Aurec. - Quand la puissante abbaye de la Chaise-Dieu, vit diminuer son pouvoir dans le Forez, le prieuré de Chambles passa au pouvoir du prieur de St. Rambert ; ce dernier conserva jusqu‘en 1793, le droit de nommer à la Cure, et le titre honoraire de seigneur du clocher.


Chandieu

Chandieu

Chandieu

CHANDIEU. — Chandieu, à cinq kilomètres de Montbrison, était un prieuré de Bénédictins dont il reste quelques bâtiments et l'église qui est devenue paroissiale. Ce dernier édifice à la fois auvergnat et byzantin, est une de nos rares églises fortifiées ; aussi bien que Royat il mériterait d'être classé dans les monuments historiques. Ce mélange de créneaux, de mâchicoulis, de chemins de ronde, d'arcs-boutants et de cloître offrent un aspect indescriptible. De ses deux clochers le plus ancien (XII° siècle), celui qui repose sur le choeur est vraiment majestueux ; celui de la façade offre quelques traces de cintre brisé. - Petite chapelle gothique (1500) et crypte romane remarquables.

Chandieu conserve encore ses portes avec des mâchicoulis qui s'écroulent tous les jours, il en est de même de son petit hôpital, don de Pierre de la BATIE.


Charlieu - Couvent des Cordeliers

Charlieu - Couvent des Cordeliers

Charlieu - Couvent des Cordeliers

COUVENT DES CORDELIERS DE CHARLIEU. — Des moines, qui ne cherchaient pas toujours les lieux déserts et stériles, vinrent fonder à Charlieu, au milieu du XIII" siècle, un couvent de Cordeliers. — Ils furent attirés par noble Jean Maréchal, de Charlieu, qui se fit religieux de cette maison et qui en fit bâtir l’église. -— La construction du cloître est due à HUGUES de CHATELUS, seigneur de Chateau-Morand et à sa femme dame de RIANGE. — En dépit des ravages du temps et des barbares ; le vaisseau de cette église et quelques restes du bâtiment claustral attestent la splendeur primitive et la richesse de ce monument. — Le cloître est surtout remarquable par son étendue et la délicatesse de son travail. — Avant 92, Mr le comte de VAUBAN, maréchal des armées du Roi, était père temporel de ce monastère. — C’est au propriétaire actuel Mr DOLLIAT, à qui l’on doit la conservation du cloître.


Charlieu - Porche de l'Abbaye

Charlieu - Porche de l'Abbaye

Charlieu - Porche de l'Abbaye

PORCHE DE L'ABBAYE DE CHARLIEU. - De la grande et belle église de l'abbaye bénédictine, le porche seul est resté debout. Elle avait une flèche très élevée détruite par la foudre (1638). – Depuis longtemps cette abbaye n’était plus qu’un prieuré, lorsque en 93, elle fut acquise par plusieurs personnes, entre autre par Mr COGNET qui, à sa mort laissa 50,000 francs pour la restauration du porche et de sa partie supérieure la quelle formait la façade du temple.

Cette restauration a été faite avec gout et avec talent. - Ce porche d'architecture romane, profond d'une travée, a des bas-cotés ; ses deux portes sont très inégales mais rivalisent par le luxe de leurs sculptures et par leur élégance. - Ce narthex qui renferme un petit musée lapidaire est surmonté d’une salle éclairée par de fort belles fenêtres.  De ce monument, commencé au IX° siècle, il ne reste guère qu'une tour ronde, quelques tourelles du XV° siècle, partie d’un cloitre et d'un réfectoire des XII et XV° siècles, quelques peintures murales et le porche.


Château-Morand

Château-Morand

Château-Morand

CHATEAU-MORAND. – Sur la commune de St. Germain d’Estraux, dans une belle position qui domine la plaine. Ce château a été en partie reconstruit sous Louis XV, par C. de LÉVIS. - La baronnie de CHATEAU-MORAND, aliénée anciennement par les comtes du FOREZ à une famille qui en porta le nom, passa aux de LÉVIS par le mariage d'AGNES de CHATEAU-MORAND avec RAYMOND de LÉVIS, seigneur de de la VOUTE, en 1422. Une héritière de cette famille, GABRIELLE, le porta à A. LE LONG de CHENILLAC qui en prit le nom et les titres. De cette union naquit la célèbre DIANE de CHATEAU-MORAND qui épousa successivement ANNE et HONORE d’URFÉ. Elle n’eut pas d’enfants, survécut à ses deux mariages et légua ses biens à J. C. de LÉVIS cadet dela seconde maison de Couzan, en 1625. 

En 1788, était seigneur titulaire le comte de LÉVIS LERAND, du quel descendait la marquise de RONCHEROLLES, après la quelle ce château passa à monsieur DUHAMEL.


Chenereilles

Chenereilles

Chenereilles

CHENEREILLES. - Cette seigneurie qui appartenait aux comtes de FOREZ, passa plus tard aux de VERD, famille considérable du pays, puisque AMÉDÉ de VERD était bailly du FOREZ en 1413. Sa fille MARIA épousa en 1446, ARTHAUD V d’APCHON et lui porta la terre de Chenereilles et le titre de bailli avec l’autorisation du duc CHARLES. Le donjon du château est du XIV° siècle, mais « Chenereilles fut bâti de notre temps presque de pied au feste par messire d'APCHON seigneur de dit lieu et chevalier de l'ordre du ROI » A. d'URFÉ. - La seigneurie de Chenereilles faisait partie de l’échange des terres de Montsupt et autres circonvoisines, entre le ROI et GABRIELLE d'ALLONVILLE, veuve de GUY de ROCHECHOUARD, par contrat de 1609.

Elle fut vendue à Mr. PERRIN par Mr de MAZENOD qui l’avait acquise de Mr. De la ROCHEFOUCAULD. ANTOINE 1678, et VITAL PERRIN 1720 en prétèrent l’hommage. Enfin Chenereilles passa aux de GROZEILLER. Cette famille la possédait encore en 1792. Ce château appartient aujourd’hui à Mr. CALEMARD de St. ÉTIENNE.


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